Du film documentaire à l’installation, de la pellicule au code informatique, le travail de Carole Thibaud est une exploration de l’image à travers ses multiples supports et applications. Passionnée de cinéma, c’est finalement sa pratique du VJ-ing qui la pousse à prendre la caméra.

Membre de plusieurs associations Nantaises (Mire, Makiz’art, PiNg), son parcours est marqué par de nombreuse collaborations. Que ce soit en tant que technicienne (scripte, assistante caméra) ou en tant que vidéaste (réalisation de clips, expositions communes...) cette soif de rencontre lui permettra d’être invitée à participer à divers projets collectifs et ainsi d’être confrontée à de nombreux univers.

En juin 2006 elle participe au projet Labomix (performances pluridisciplinaires utilisant les nouvelles technologies) ou elle travaille avec des danseurs, chorégraphes, musiciens et plasticiens, résidence qui donnera, entre autres, naissance à la performance Points de rencontre, mise en scène par Béatrice Balcou, et présentée au Centre de la danse de Bucarest en septembre de la même année.

En 2010, c’est au théâtre que l’on peut voir ses images, dans la pièce Eté de la compagnie Sambre.

Si son travail est un jour décors de théâtre, le lendemain installation interactive ; on découvre toute l’accuitée de son regard à travers ses recherches personnelles. Témoin d’un parcours esthétique mais également politique, le long métrage documentaire Vi Vil Danse (2005-2009) associe images numériques et films super8 dans un portrait sensible de la ville libre de Christiania (Danemark). Elle retourne au Danemark en 2009 au moment du Sommet Climat ou elle réalise le court métrage Politi overalt (super8). A travers ces documentaires, on perçoit l’affirmation d’un regard personnel, une subjectivité assumée, le refus d’une hypocrite et illusoire « objectivité ».

Elle sait aussi être légère et drôle comme l’atteste le Clip Eroto Manuel réalisé pour le duo Nantais Sieur et Dame.

C’est une face plus poétique de son travail qu’elle montre à travers les projets Grand Huit et [...] ou dans des formes courtes comme Ma vie mon œil (2011). Quasi quotidiennement, elle saisit sur pellicule des bribes de ses errances et contemplations, collectant ainsi les images, formant une mémoire argentique, fragile et fragmentée. Les films sont stockés, presque oubliés... Puis commence un long travail de montage, de découpes nombreuses, d’interventions. La pellicule est grattée, griffée, rongée par les chimies. Les paysages se diluent, se liquéfient comme les souvenirs s’estompent, jusqu’à se que le film casse.